Rights Trade: France – China

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By Marleen Seegers – first posted in November 2010.

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Les échanges de droits entre la France et la Chine, 2000 – 2010

I Introduction

Depuis une trentaine d’années, plusieurs changements considérables ont vu le jour dans le paysage éditorial chinois. Suite à l’ouverture économique lancée en République populaire de Chine en 1979, les maisons d’édition chinoises ont vu leur statut changer de celui de porte-parole de l’idéologie officielle en société d’Etat gérée de manière commerciale. A cela s’ajoutent d’abord le vote dans ce pays en 1992 de la loi sur le droit d’auteur, qui signifie qu’aucun titre d’auteurs étrangers ne peut être publié sans autorisation (luttant ainsi contre la publication d’ouvrages dits « piratés »), ensuite une importante série de règlements édictés par le General Administration of Press and Publication (GAPP) en 2002 visant à rendre le secteur plus compétitif, tant au niveau de l’édition que de la distribution, et finalement la signature par la Chine de deux traités internationaux en 2007 concernant la protection des droits d’auteur. Même si, à l’heure actuelle, le secteur de l’édition en Chine est encore largement dominé par l’Etat, l’ouverture, certes lente, est bien réelle.

En France, la mondialisation sur le plan économique et culturel a stimulé dans les années 1980 et 1990 le développement des services spécialisés dans les cessions de droits, et continue à avoir un impact à l’heure actuelle. Les changements dans le paysage éditorial chinois mentionnés plus tôt ont certainement stimulé les relations avec les éditeurs français. Ces deux mouvements ont fait que, nous allons le voir plus tard, le nombre de contrats de cession de droits français signés avec des éditeurs chinois a fortement augmenté ces dix dernières années. Les acquisitions depuis le chinois ne se trouvent pas en si bonne santé : les ouvrages chinois ne semblent pas encore être au premier rang des centres d’intérêt des éditeurs français, qui traduisent surtout de l’anglais, du japonais et des langues latines.

Cette intervention vous propose d’abord de regarder les échanges entre la France et la Chine ces dix dernières années dans les domaines de littérature, sciences humaines et sociales, jeunesse, bandes dessinées et documents d’actualité. Un manque de temps me contraint de ne pas traiter d’autres domaines plus spécifiques comme les sciences techniques et médecine, ou encore les livres pratiques ou scolaires. Cela nous permettra toutefois d’obtenir un panorama assez large des cessions faites entre ces deux pays, puisque les domaines traités ici sont les domaines les plus concernés. Nous nous concentrerons ensuite sur les échanges en littérature, le thème du séminaire professionnel d’aujourd’hui.

II Statistiques globales

En France, le Syndicat National de l’Edition et la Centrale de l’Edition publient chaque année les « Repères Statistiques – International » à partir des données que leur fournissent les maisons d’édition françaises. Ces Repères regroupent l’activité à l’export ainsi que les échanges de droits et de coéditions entre la France et l’étranger. Je me suis basée sur ces statistiques pour établir le bilan qui suit. Il faut tout de même souligner que le périmètre d’établissement de ces chiffres varie parfois considérablement d’une année à l’autre. Il convient donc d’être extrêmement prudent lorsque nous voulons en tirer des conclusions sur les mouvements dans ces domaines.

i) Les cessions de droits français

En 2000, les cessions vers la Chine représentent 5,8 % de la totalité des titres français cédés dans le monde entier. Elle achète presque autant de titres en littérature qu’en sciences humaines, et nous constatons un bond en avant pour les titres de jeunesse. L’année 2001 est marquée par une importante baisse du chiffre global des cessions vers l’étranger. Cela se traduit par une baisse de 22 % de titres cédés en Chine, soit 75 ouvrages de moins. Néanmoins, le chinois prend de l’importance par rapport aux autres langues, représentant 7,8 % du nombre total de titres français cédés à l’étranger. Les sciences humaines, les titres de jeunesse et les bandes dessinées dépassent les cessions de littérature. En 2002, le nombre d’ouvrages vendus en Chine augmente de 11 %. Cette hausse va à l’encontre d’une nouvelle baisse générale dans les cessions des droits français. La Chine est maintenant le cinquième acheteur de droits français, notamment de bandes dessinées, livres de jeunesse, et sciences humaines et sociales. La littérature perd encore de l’importance.

Les cessionnaires français ont vendu en 2003 non moins de 160 titres de plus à la Chine, ce qui donne un total de 458 titres. C’est une hausse considérable par rapport à 2002, qui est sans doute liée au commencement des années croisées France-Chine. Cette hausse doit cependant être relativisée, car 2003 connaît une hausse générale des cessions de droits, toutes langues confondues. Elle est surtout due à une importante croissance dans les titres en sciences humaines et en littérature. 2004 est marquée par une chute de 20 % dans les cessions vers la Chine.

En 2003 et en 2004, malgré les importantes hausse et chute consécutives, la Chine se trouve toujours à une stable 5e position dans la liste des pays acquéreurs de droits français. Elle reste systématiquement derrière les pays de langues castillane et lusophones et l’Italie, toujours grands demandeurs de livres français, et la Corée. Cela change en 2005, lorsqu’elle arrive en 3e position, devançant ainsi la Corée et les pays de langue lusophone. Cette année-là, sans doute stimulé par le fait que la France soit l’invité d’honneur de la Foire internationale du livre de Pékin, les cessions vers la Chine connaissent une importante hausse : plus 28 % par rapport à 2004, soit 471 titres cédés. En ordre décroissant, ce chiffre concerne les titres de sciences humaines et sociales, jeunesse, littérature, bandes dessinées et documents d’actualité.

La clôture des années croisées France-Chine a sans doute influencé les chiffres de 2006 : 121 titres de moins vendus, soit une baisse de 26 %. Seulement 5,3 % de la totalité des cessions concerne la Chine. Depuis 2007, une forte hausse se fait à nouveau sentir : + 11 % de titres achetés par la Chine en 2007, + 17 % en 2008, et non moins de + 84 % en 2009 ! Cette année-là, la Chine se trouve même en deuxième position parmi les acquéreurs de droits français, juste derrière les pays de langue castillane.

Cette tendance est liée à une spectaculaire hausse des cessions de livres de jeunesse : 560 titres sont achetés depuis la France, contre 200 en 2008 et 79 en 2007. La littérature, quant à elle, semble avoir trouvé une position stable : sur ces trois dernières années, entre 80 et 90 titres par an environ ont été cédés en Chine. En revanche, les sciences humaines et sociales ont vu une importante baisse, d’une centaine de titres cédés en 2007 à moins de 50 en 2009.

ii) Les cessions de droits chinois

Je me permets de revenir ici sur la complexité des chiffres rassemblés par le SNE et la Centrale de l’Edition. C’est surtout au niveau des acquisitions qu’il faut émettre des réserves : l’absence des réponses chiffrées de certaines maisons spécialisées en littérature étrangère fausse considérablement le tableau. Le côté « acquisition » a même été complètement supprimé des « Repères statistiques – International » de 2009 par cause d’un nombre insuffisant de répondants…

Cette réserve, ainsi que le peu de variation dans les chiffres concernant l’acquisition des droits chinois repérés ces dix dernières années par le SNE et la Centrale de l’Edition me permettent de traiter cette partie moins en détail que celle concernant les cessions. Malgré le travail capital de pionnier effectué par Etiemble chez Gallimard avec la collection « Connaissance de l’Orient » et des maisons particulièrement acheteurs de droits chinois tels que les Editions Philippe Picquier, Bleu de Chine, ou encore Actes Sud et Le Seuil, nous constatons que les éditeurs français traduisent encore relativement peu du chinois. Ils ont une nette préférence pour les ouvrages de langue anglaise, suivi de très loin par les langues latines, l’allemand et, depuis quelques années, grâce au succès des mangas, le japonais.

Depuis une dizaine d’années, le nombre de titres chinois achetés varie entre 1 et 15 par an. Ce chiffre est complètement dérisoire lorsque nous regardons les chiffres des acquisitions de langues anglaise et castillane, qui s’élèvent à une moyenne de respectivement 800 et 70 titres par an. Il y a pourtant un pic de 99 titres chinois achetés en 2002, une année qui est marquée par une importante croissance globale des acquisitions étrangères. Les achats depuis la Chine représentent cette année-là 4,5 % de la totalité des achats depuis l’étranger, un chiffre qui les autres années, se trouve entre 0,1 % et 1,2 %. Il s’agit là de titres de jeunesse principalement ; ce marché est, nous l’avons déjà constaté, en pleine effervescence, surtout du côté des cessions. Les autres acquisitions concernent surtout la littérature et les sciences humaines.

Les chiffres des dix dernières années nous indiquent également une certaine influence des années croisées France-Chine, avec une hausse de 20 % de titres chinois acquis en 2004 et de 60 % en 2006. L’absence de chiffres des acquisitions en 2009 m’a malheureusement empêchée de vérifier l’impact de la Foire de Francfort 2009, où la Chine était l’invité d’honneur.

Il faut pourtant placer ce déséquilibre en Chine entre cessions et acquisitions dans un contexte plus large. Il ne concerne pas seulement la France : en 2006, la Chine a acheté les droits de 10 950 titres étrangers et cédé ceux de 2 050 ouvrages chinois seulement à travers le monde. En même temps, en France, le déficit dans l’autre sens entre cessions et acquisitions est évident, et affligeant : en 1998, pour chaque acquisition de droits depuis l’étranger, trois cessions étaient faites. En 2006, ce dernier chiffre a doublé : pour six cessions à l’étranger, un seul contrat d’acquisition était signé.

iii) Le chinois simplifié et non simplifié

Les chiffres de cession et d’acquisition de droits chinois donnés plus tôt concernent aussi bien la langue chinoise en caractères simplifiés, donc pour la Chine continentale, que les caractères non simplifiés utilisés à Taïwan, Hong Kong, Singapour et Macao. Ces territoires, notamment Taïwan, sont très demandeurs de droits français. En effet, le français est la 3e langue la plus traduite à Taïwan après l’anglais et le japonais. Les ouvrages les plus achetés depuis la France sont des titres de jeunesse et des bandes dessinées.

Les différences significatives entre chinois simplifié et chinois non simplifié rendent la question de la définition de la langue et du territoire dans le contrat de cession de droits tout à fait capitale. En effet, en cédant les droits mondiaux sur la « langue chinoise», l’éditeur acheteur pourra ensuite revendre ces droits sur l’autre mode d’écriture. Dans la pratique, les éditeurs taïwanais achètent plutôt les droits mondiaux en caractères non simplifiés. Ils revendent ensuite ces droits à des maisons hongkongaises ou exportent leurs ouvrages dans les zones correspondant à leur lectorat.

III Focus sur les échanges de droits franco-chinois en littérature

i) Les cessions de droits chinois

Face à l’important déficit entre cessions et acquisitions en Chine, les éditeurs chinois sont incités à acheter moins de titres étrangers et à vendre plus de titres chinois. Une nouvelle stratégie a été lancée afin de mieux promouvoir les ouvrages chinois dans le monde entier. Inspiré par le succès des cessions chinoises en France en préparation du Salon du Livre de Paris en mars 2004, où les lettres chinoises étaient à l’honneur, le projet « China Book International » a vu le jour plus tard dans l’année 2004. Cette initiative consiste entre autres à répandre plus d’informations sur les livres chinois dans le monde entier, par le biais d’un site internet en chinois et en anglais, et surtout à subventionner des acquisitions en langue chinoise. En 2005, 170 acquisitions depuis le chinois ont ainsi bénéficié de cette aide financière, concernant notamment des éditeurs anglais, français, japonais, américains et australiens. Par la suite, la Chine était invitée d’honneur à la Foire du Livre de Francfort en 2009 ce qui a marqué l’ouverture de l’industrie du livre en Chine vers l’extérieur et son intégration dans le marché international.

Malgré ces initiatives, il semble que les éditeurs chinois manquent encore de moyens et d’informations pour mieux vendre leurs ouvrages. Souvent, les contrats signés entre les maisons d’édition et les auteurs chinois ne prévoient pas de clause qui concerne les droits étrangers, ce qui rend les négociations avec les éditeurs étrangers aléatoires et irrégulières. A cela s’ajoute le fait qu’ils n’aient pas, même les grandes maisons d’édition, de service spécialisé dans les cessions de droits comme c’est le cas en France. Certains commencent à s’adresser à des agences, comme Andrew Nurnberg Chine ou la Peony Literary Agency à Hong Kong, pour faire la prospection et la négociation des contrats de cession de leurs titres à l’étranger. Quelques agents taïwanais sont également en train de se pencher sur la question de la représentation des auteurs chinois.

Un autre obstacle, peut-être le plus grand, provient cependant de la langue. Une bonne présentation du livre avec un extrait en anglais est indispensable pour que les éditeurs étrangers puissent évaluer les qualités et le potentiel du texte. Les éditeurs chinois n’ont souvent pas de newsletter en anglais. Mais les choses changent peu à peu : pour la Foire de Francfort 2009, ils ont réalisé un catalogue en anglais et allemand afin de promouvoir leurs best-sellers.

Souvent, cela n’est cependant pas suffisant. Les éditeurs étrangers ne disposent pas d’un bon réseau de lecteurs et de traducteurs chinois compétents, malgré l’organisation d’échanges et de séjours de traducteurs qui sont organisés. Pour vous donner un exemple, le répertoire de 2010 des traducteurs membres de l’ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France) ne compte que dix traducteurs du chinois vers le français. Ce même répertoire compte 12 traducteurs du grec, 13 du danois, 38 du russe et 524 de l’anglais (Royaume-Uni et Etats-Unis). Cela dit, les autres langues asiatiques ne sont pas mieux représentées : par exemple 2 traducteurs du coréen et 1 seul du vietnamien sont répertoriés.

ii) Les cessions de droits français

En ce qui concerne les cessions du français vers le chinois en littérature, les titres contemporains français sont actuellement encore trop peu nombreux sur le marché du livre en Chine. Ils ne représentent qu’une petite partie des livres étrangers présents. De plus, ceux qui sont présents ne figurent pas souvent dans la liste des best-sellers de titres étrangers en Chine, où il y a une large domination de titres de langue anglaise et japonaise. Nous l’avons constaté plus tôt, les titres de littérature ne se trouvent plus en tête des ventes vers la Chine, où figurent dorénavant les titres de jeunesse.

Les classiques français se vendent relativement bien par rapport aux romans contemporains, les Chinois préférant à ces derniers les romans d’auteurs anglo-saxons. Les auteurs français les plus traduits en Chine restent donc les auteurs classiques comme Flaubert, Hugo, Balzac, Dumas, et – d’une époque plus récente – Robbe-Grillet, Camus, Sartre et Duras. En ce qui concerne les ouvrages contemporains, le plus souvent seuls sont identifiés les titres ayant reçu un prix littéraire comme ceux de Jean-Marie Gustave Le Clézio, Daniel Pennac et Philippe Claudel, ou des best-sellers comme les livres d’Amélie Nothomb ou encore Muriel Barbery. L’impression règne qu’un auteur lauréat d’un important prix littéraire est presque automatiquement traduit en Chine. Cette tendance est compréhensible, mais elle rend difficile la tâche de faire connaître aux éditeurs chinois des auteurs plus confidentiels, moins connus du grand public en France, et dont la qualité d’écriture ne se traduit pas forcément par l’obtention d’un prix ou par des chiffres de vente astronomiques.

Cette tendance peut néanmoins être expliquée – au moins partiellement – par la barrière de la langue, qui se fait sentir ici aussi. La France est un partenaire souhaité mais difficile à approcher. La littérature française contemporaine est mal connue en Chine : en effet, les éditeurs chinois ont peu d’éléments à leur disposition, les sites internet des éditeurs français sont en français ou en anglais mais cela n’est pas suffisant pour déceler ce qui est intéressant dans leur catalogue. De plus, il existe également un manque de traducteurs du français vers le chinois.

De leur côté, la majorité des cessionnaires français éprouve une grande méconnaissance du marché du livre chinois, qui est, comme je l’ai indiqué dans l’introduction, en pleine reconstruction. Ce marché reste opaque, où la loi du prix unique – tellement cher aux éditeurs français – n’est pas en vigueur et qui connait des turnovers assez réguliers sans que l’extérieur soit tenu au courant. De plus, après avoir signé un contrat de cession avec un éditeur chinois, il est souvent difficile d’obtenir une vision claire et nette sur la progression du projet, les différents acteurs et, une fois le livre publié, sur l’accueil du livre et les ventes : l’obligation contractuelle d’envoyer des relevés de vente annuels n’est pas toujours respectée.

C’est pour cela que les cessionnaires de droits français font souvent appel à des agences, la plupart d’entre eux estime une telle coopération même indispensable. Il en existe un bon nombre, localisées en France ou en Chine, avec parfois des spécialisations comme la jeunesse ou encore les sciences humaines et sociales. Je pense notamment à Mme. Feng Chen et Mme. Garance Sun qui sont toutes les deux basées en France, à la Big Apple Agency qui se trouve à Shanghai, Pékin et Taipei, et à la Grayhawk Agency basée à Taipei. Pour être présent de façon constante sur le marché chinois, le recours aux services d’un agent de droits situé en Chinefacilite les procédures et la connaissance du milieu éditorial. En étant sur place, il sait qui est qui, il participe aux différents salons locaux et aux nombreuses conférences, il est donc au fait des tendances. Les agents locaux peuvent aussi suivre les mouvements du marché et savoir combien de livres sont vendus, ce qui est plus difficile à faire depuis la France.

iii) Initiatives favorisant les cessions dans les deux sens

Nous avons vu plus tôt que différents événements peuvent influencer les échanges de droits entre la France et la Chine. Ces dernières années ont été marquées par de nombreuses manifestations favorisant ces échanges. Comme mentionné plus tôt, il y a eu entre autres les années croisées France-Chine, entre 2003 et 2005, pendant lesquelles les lettres chinoises étaient à l’honneur du Salon du Livre de Paris en 2004 et la France était l’invité d’honneur de la Foire internationale du livre de Pékin en 2005. Un grand nombre d’éditeurs chinois s’est rendu à la Foire internationale du livre de Francfort en 2009, lorsque la Chine était le pays d’honneur. Plus récemment, en février 2010, une délégation de chercheurs et éditeurs chinois était invitée au Rendez-vous des Sciences Humaines à Paris. Et bien sûr, l’organisation par le service Livre/SHS de l’Ambassade de France en Chine de ce séminaire professionnel auquel nous participons aujourd’hui, constitue encore un autre lieu de rencontre entre éditeurs français et chinois. Différentes délégations françaises et chinoises ont pu se déplacer dans ces manifestations et ont démontré que, pour nouer des relations et initier des projets de coopération, il n’y a rien de mieux que d’entretenir des contacts en direct.

En plus de l’organisation de séminaires professionnels ponctuels, le service Livre/SHS de l’Ambassade de France en Chine joue un rôle d’interface continu entre éditeurs français et éditeurs chinois à travers notamment la diffusion auprès des éditeurs chinois d’une newsletter d’information sur des titres français disponibles pour la langue chinoise. De plus, elle organise des événements tels que la Francophonie, le Printemps des Poètes, et Lire en Fête, qui constituent des points de rencontre entre auteurs, éditeurs et traducteurs.

Nous devons également mentionner les différentes aides financières mises en place pour les acquéreurs de droits chinois et français, même si celles-ci sont rarement décisives dans l’achat des droits d’un ouvrage. Pour en mentionner quelques-unes, l’Ambassade de France en Chine avec le programme Fu Lei, les subventions accordées par « China Book International », ainsi que le Centre national du livre en France qui émet des aides à la traduction. Ces aides à la traduction s’appliquent dans les deux sens – même si pour l’instant les éditeurs chinois ne font pas souvent les démarches pour obtenir cette aide pour leurs traductions depuis le français.

IV Conclusion

Nous avons constaté que ces dernières années, les échanges de droits entre la France et la Chine se sont progressivement intensifiés. L’ouverture économique en République Populaire de Chine entamée il y a une trentaine d’années et les réformes plus récentes de l’édition chinoise ont incité une ouverture progressive vers l’extérieur. Les cessionnaires de droits français ont réussi à en bénéficier de plus en plus ces dix dernières années, surtout en ce qui concerne les titres de jeunesse. Même si une partie importante de la population chinoise n’a pas les moyens financiers d’acheter les livres, une classe moyenne ayant de plus en plus accès à la culture émerge. L’intérêt des Chinois pour les pays étrangers et leur culture croît, et les ventes de livres français devraient continuer à augmenter dans les années à venir. Il est souhaitable que les ouvrages français avec un potentiel moins commercial et d’auteurs moins connus par le grand public puissent bénéficier également de cet engouement.

En Chine, les éditeurs font dorénavant face à un déficit considérable entre acquisitions et cessions. Il reste donc à espérer qu’un même intérêt pour les ouvrages chinois se réveillera en France. Pour les Français, la Chine n’a jamais été un pays « comme les autres », de par ses dimensions historiques, géographiques et démographiques, peu familières à leur appréhension des choses, par sa complexité et ses spécificités ensuite. La Chine et sa littérature demeurent méconnues des Français, y compris dans leurs évolutions les plus récentes.

Afin d’améliorer les cessions de droits entre la France et la Chine dans les deux sens, une bonne compréhension des marchés et leurs acteurs est indispensable. La meilleure façon de réaliser cela est de se déplacer régulièrement, d’aller à l’encontre de l’autre afin d’échanger de façon directe les connaissances mutuelles lors d’événements organisés par exemple pendant des foires du livre internationales.

Sources

– Les « Repères Statistiques – International » de 2000 à 2010 publiés par le Syndicat National de l’Edition et la Centrale de l’Edition en France.

– « L’Edition en Chine », étude réalisée en 2008 par Alice Ekman du Service culturel de l’Ambassade de France en Chine et publiée par le Bureau International de l’Edition Française.

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